Quelques précisions sur la ‘Awra de la Femme

1. La ‘Awra envers une femme non musulmane

L’Imam Ibn ‘Abidin (qu’Allah lui fasse miséricorde) explique :

« Il n’est pas permis à une femme musulmane de découvrir son corps devant une femme juive, chrétienne ou athée… Il est également déconseillé qu’une femme corrompue (fasiqa) voie le corps d’une femme pieuse, car elle pourrait la décrire à des hommes. Elle doit donc éviter d’enlever son vêtement extérieur (jilbab) ou son voile (khimar). » (ibid.)

Il ressort clairement du texte d’Ibn ‘Abidin que la principale raison pour laquelle il n’est pas permis à une femme musulmane de se découvrir devant une femme non musulmane est la crainte que celle-ci puisse la décrire à d’autres hommes. Si cette crainte existe également concernant une femme musulmane, alors il convient aussi d’éviter de se découvrir devant elle.

Ainsi, selon cet avis, la ‘awra d’une femme devant des femmes non musulmanes comprend l’ensemble de son corps, à l’exception du visage, des mains et des pieds. Une femme devrait donc se couvrir devant des femmes non musulmanes chaque fois que cela est raisonnablement possible. Toutefois, les savants précisent que si cela devient difficile, il lui est alors permis de découvrir certaines parties de son corps devant elles.

La règle concernant le fait de se couvrir devant des femmes non musulmanes n’est pas aussi stricte que dans d’autres situations. Premièrement, il existe une divergence d’opinion entre les savants à ce sujet. Deuxièmement, il peut parfois être très difficile pour une femme de se couvrir entièrement devant d’autres femmes.

Le grand exégète, l’Imam al-Alusi (qu’Allah lui fasse miséricorde), affirme :

« Cet avis (selon lequel il n’est pas nécessaire de se couvrir devant les femmes non musulmanes) est plus approprié à notre époque, car il est presque impossible de se couvrir devant elles. » (Ruh al-Ma‘ani)

En conclusion, une femme devrait s’efforcer de se couvrir chaque fois que cela est raisonnablement possible devant des femmes non musulmanes, en particulier lorsqu’elle craint que celles-ci puissent la décrire à d’autres hommes. Toutefois, s’il lui est difficile de se couvrir entièrement, elle peut bénéficier de la dispense consistant à ne pas se couvrir complètement, tout en limitant autant que possible les parties découvertes.

2. La ‘Awra envers un mahram

Concernant la ‘awrah d'une femme envers un mahram, il convient de rappeler que s’il existe une crainte de tentation (shahwah), il ne sera alors pas permis de dévoiler ces parties du corps, même devant les mahrams.

(Voir : al-Lubab fi Sharh al-Kitab, 3/218).